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Espaces liminaires, écritures ordinaires

Plus prosaïquement, la page de garde peut servir de pense-bête pour conserver une information prise à la volée : mémoire de blanchisserie, liste de livres prêtés, brouillons de lettres ou de sermons, extraits d'autres lectures...


Bossuet, Suite de l'Histoire universelle, Paris, 1744


Les pages de garde portent le résumé d'épisodes des aventures de Robinson Crusoë, accompagnés d'une très laborieuse traduction en français.



« […] J[e] supplié oufur [au four] qui me manque enfeasant de casserroles
doute tres large e creuze
cet a dire danvirons dupie [deux pieds] di matre [de diamètre] e de noef puce de profondere Cum
de fair une fournée jal-
-lumez en grand fous sur la pierre de mon foyez jusqu’à ceu quelle fus devenu tout
a fait chose [chaude], alors, balleans le charbons ardents J. posé
me pas de cu [mon pain dessus] – ja le couveré avec ma cassorel de terre
et jenjossez tout au fure
la cendndre et le charbon […]  »



Certaines de ces écritures périphériques se révèlent plus étroitement liées au moment de la lecture : elles témoignent de l'état d'esprit du lecteur au moment où il commence sa lecture ou en résument le jugement.


Christianus Londinatus, Bloody Babylon discoverd, s.l., 1659

Ce petit ouvrage consacré aux récents événements d'Angleterre a appartenu à une certaine Breget Sdke, qui signe maladroitement son nom sur la première page de garde. Ici, elle a pris soin de tracer des lignes pour guider sa plume dans l'écriture de cette humble prière qui fait écho aux propos du livre.


« I think o shee ofher for
thy grachoes protechxyon of me me thies day I becheche thee kepe me allo this nit

Je pense que vous m’offrez votre gracieuse protection
Moi en ce jour je vous cherche Gardez-moi loin de toute cette nuit  »