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Espaces liminaires, écritures ordinaires

En dehors du moment de la lecture et sans même la présupposer, le livre d'Ancien Régime se prête à des usages pluriels. Parce que le papier est une denrée chère et que la structure reliée assure au livre une relative longévité, on y a souvent rassemblé des informations et des réflexions de tout genre, familiales, spirituelles, économiques ou savantes. La mémoire familiale est souvent associée aux Bibles qui se transmettent d'une génération à l'autre, mais on peut en trouver des traces dans d'autres types d'ouvrages.

En tête de cet ouvrage de piété calviniste très répandu (il s'agit ici de la onzième édition), un père de famille de la fin du XVIIe siècle a pris note de la naissance et du baptême de son fils.


Nicholas Byfield, The Marrow of the oracles of God, Londres, 1640

« Mon fils Pierre est né le dix juillet 1693 a six heures et demye du matin et fut baptisé chez Monsieur l'Ambassadeur d'Hollande par Mr Valens son ministre par l'ordre de Monsieur de Relmcourt duquel j'ai un billet portant qu'il le baptisast en datte du treize juillet et le 14 il fut baptisé sur les trois heures apres mydi a pour parrain Mr Gaudion mon beau frere et pour marraine ma cousine de la Borde
P. Soulet »