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Espaces liminaires, écritures ordinaires

Par ses notes, le lecteur façonne « un livre à soi » qu'il charge de sa mémoire, de son travail et de ses affects.

Les espaces vierges en tête de livre sont particulièrement riches en annotations. On y trouve à la fois celles qui marquent l'appropriation du livre (indications de provenance, signes d'appartenance) ; celles qui préparent la lecture et en conservent les fruits ; celles enfin qui utilisent les espaces libres comme un réservoir de mémoire ou un terrain de jeu. Même lorsque l'annotation semble étrangère au texte, la rencontre entre deux écritures n'est jamais sans effet. Accueillant le lecteur en tête de l'ouvrage, la note manuscrite en oriente d'une certaine façon les lectures à venir.


Censures et conclusions de la faculté de Théologie de Paris touchant la souveraineté des rois…

Cette prophétie de Nostradamus (1503-1566) est réputée annoncer l'exécution de Charles Ier d'Angleterre (1649). Pourquoi a-t-elle été placée en tête d'un volume des Conclusions de la faculté de Paris (1717) traitant de la fidélité des sujets à leur roi, de la sécurité des souverains et de la tranquillité de l'Etat ? Le rapprochement jette en tout cas un sérieux doute sur l'efficacité des garanties institutionnelles.