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D'un livre l'autre

La lecture plie en second lieu le texte à une temporalité et à une logique qui lui sont propres. Les index dressés par les lecteurs pour leur usage personnel aident à comprendre ce cheminement. Ils projettent la carte de l'ouvrage tel que le lecteur en a fait l'expérience, des passages vite parcourus aux endroits jugés importants. Ils éclairent ce qu'il y cherchait - ou plus exactement, ce qu'il y a trouvé.


Louis Turquet de Mayerne, The Generall historie of Spaine, Londres, 1612

Un gigantesque index s'étend sur une vingtaine de pages reliées au début et à la fin de l'ouvrage. L'histoire d'Espagne y est redistribuée par thèmes, les numéros de page clairement indiqués à la fin de chaque entrée. L'organisation des entrées et la variation des plumes et des encres suggèrent que la lecture n'a pas été parfaitement linéaire. Le lecteur est sans doute revenu en arrière ou a complété son index lors de relectures.


« J'ai lu de la page 278 à Scotts Hall jusqu'à la page 481 » (I red to 278 at Scotts Hall to 481), écrit Philipp Stretehay ; puis, en haut de la page suivante,
« J'ai fini la lecture de ce livre le 30 juin 1664 » (I made an end of reading this booke all over on the 30 of June 1664).