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Les Collèges Irlandais: des lieux de formation

Carte des Collèges Irlandais

En 1873, un article du Monde affirmait : « L'établissement appelé à Paris le Collège Irlandais n'est qu'un grand séminaire ecclésiastique, le Saint-Sulpice des diocèses irlandais. » Le Collège appartenait alors à un groupe hétérogène d'institutions chargées de la formation du clergé irlandais en Europe - à Rome, Lisbonne et Salamanque notamment. Mais les Collèges Irlandais furent bien plus que des lieux d'éducation et de formation : certains eurent une profonde influence sur le développement du catholicisme en Irlande lors des crises économiques et sociales. D'autres exercèrent un rôle diplomatique en facilitant les échanges entre les pays où ils étaient établis.

Du 16e au 18e siècle, déferlèrent sur la France des vagues d'immigrants irlandais chassés par la guerre, la famine ou la maladie. Il en advint de même des ecclésiastiques irlandais venus étudier à Paris suite aux persécutions cromwelliennes du 16e siècle contre les catholiques.
Dès lors, l'éducation des Irlandais à l'étranger, bien souvent considérés comme indigents, ne put se faire que grâce aux dons de pieux bienfaiteurs... En 1578 le révérend John Lee, arrivé à Paris avec un petit groupe d'étudiants irlandais, fut « reçu en charité » par le Collège de Montaigu. En 1624, lorsque le Collège de Navarre devint le lieu d'accueil des Irlandais à Paris, les évêques d'Irlande adressèrent une lettre aux fidèles de France recommandant cette institution à leur charité. D'importants laïcs, dont Jean de l'Escalopier, conseiller d'état, apportèrent leurs contributions en soutenant financièrement les petites communautés de prêtres.