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Suite de la Civilité

Antoine de Courtin, Suite de la Civilité

La Suite de la Civilité de Courtin constitue l’un des ouvrages les plus influents et les plus répandus du genre au XVIIème siècle.
Suite de la Civilité adopte un ton philosophique et n’aborde pas seulement les règles de bienséance. Les questions de la nature humaine, de la vengeance et de l’honneur préoccupaient également Courtin. Le bon sens de l’homme est considéré comme un bien sacré, égal en importance à la mortalité du corps, et le compromettre équivaut à un meurtre. Pour défendre les thèmes de ses écrits, Courtin ne manque pas de vigueur. Cependant, à maintes reprises, il se fait le chantre de la patience et du calme, considérant qu’au lieu de réagir violemment à ce que l’on prend pour des insultes, chacun devrait faire montre de tolérance à l’égard de ses ennemis (peut-être imaginaires). « C’est donc par où s’exprime la méprise, et cette énumération nous fait voir combien on se préoccupe, en prenant souvent de gaieté de cœur pour injure, des actions et des paroles qui ne sont nullement offençantes ny injurieuses ».
Cette injonction à l’humilité et à la retenue se retrouve dans nombre des ouvrages présentés. Le dilemme était de savoir s'il fallait promouvoir la paix dans des cours de plus en plus promptes à s’enflammer ou s’il fallait « tendre l’autre joue », pour mettre en pratique un véritable sentiment chrétien. Dans bien des cas, ces ouvrages remplissent à la fois les devoirs de la cour et les devoirs chrétiens, entraînant le lecteur sur des chemins qui parfois se confondent.