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Conclusion

Trois grands thèmes caractérisent les ouvrages de savoir-vivre, de spiritualité et de conduite : le véritable honnête homme ; la quête de paix intérieure et d’harmonie avec le monde extérieur ; et la représentation insaisissable, en perpétuelle évolution, du bonheur. Cependant, pris séparément, leurs définitions échappent aux catégorisations hâtives et transcendent non seulement l’histoire des comportements et des manières, mais également les domaines beaucoup plus complexes du bonheur personnel, de l’accomplissement de soi et de la réflexion. Ce qu’offrent ces ouvrages n’est pas un simple échantillon de pensées individuelles sur ces questions d’ordre personnel, mais aussi le reflet des positions institutionnelles, qu’il s’agisse de la cour ou de l’Église, sur les questions de conduite sociale et de conscience morale.

Les questions du salut, de la vertu, de la place de l’homme dans la société et du but de l’existence préoccupaient toutes sortes d’auteurs et constituaient des pistes de réflexion populaires aux XVIème et XVIIème siècles. Des ouvrages peu connus présentés dans cette exposition aux célèbres essais de Michel de Montaigne, les auteurs s’auto-examinaient et étudiaient toujours plus intensément la manière dont le « moi » se projette sur le monde extérieur. Les certitudes attachées à la pratique religieuse et à ses récompenses avaient été ébranlées de manière irrévocable au XVIème siècle et, pour les auteurs de la fin du XVIème siècle et du début du XVIIème, cet ébranlement de la foi était notable dans les esprits, mais aussi sur les champs de bataille, à la cour et dans l’ensemble de la société.